25 juin 2007
Le BCG ciblé au Canada
Le Canada est un exemple très intéressant pour le BCG, d’une part pour ses informations officielles en langue française et d’autre part parce que les communautés inuites très exposées à la tuberculose ont un programme de vaccination ciblée des nourrissons. En relation avec la problématique française actuelle il est donc indiqué de chercher à savoir comment ce pays aborde ce problème. Les informations officielles sont diffusées par l’Agence de santé publique du Canada. Sur [1] on trouve un tableau donnant l’évolution de la politique BCG dans les 13 provinces et territoires du pays. On apprend par exemple que la Colombie-Britannique a abandonné le BCG, qu’elle administrait seulement au personnel de santé, au cours des années 70 pour le réserver ensuite aux nourrissons inuits et finalement l’abandonner totalement en 2003. On constate d’ailleurs, qu’à part le Québec qui a fait usage du BCG sur les scolaires, les autres provinces se limitaient pratiquement à la vaccination de personnels de santé et que toutes ont abandonné depuis longtemps ces pratiques pour se limiter à la vaccination des nourrissons inuits afin de tenter de les protéger des complications les plus graves de l’infection tuberculeuse et sans plus d’ambition.
Une autre adresse de cette Agence de santé publique [2] propose une déclaration sur le BCG par le CCNI (comité consultatif national de l’immunisation) datée du 1er décembre 2004 :
« Dans l’édition de 2002 du Guide canadien d’immunisation, le vaccin était recommandé pour les nourrissons et les enfants dans les groupes où les taux d’infection nouvelle dépassaient 1 % par année, mais depuis, un examen soigneux des effets secondaires associés au vaccin BCG a fait naître des craintes quant à l’association possible entre la vaccination néonatale systématique chez les enfants des Premières nations et des risques inacceptables pour la santé. »
« Le CCNI recommande que le vaccin BCG ne soit plus offert systématiquement aux nourrissons des communautés des Premières nations et inuites. Dans chaque communauté, les autorités sanitaires devraient prendre en considération l’épidémiologie locale de la TB et l’accès aux services diagnostiques au moment de décider si le risque d’infection disséminée par le BCG chez un enfant qui souffre d’un déficit immunitaire non diagnostiqué l’emporte sur l’avantage de prévenir au moyen de l’immunisation les graves effets de l’infection (mais pas l’infection elle-même). Le risque d’infection disséminée par le BCG devrait être considéré lorsqu’on évalue les risques et les avantages de l’administration systématique aux nourrissons du vaccin BCG au Canada.»
Notons que 10 mois plus tard notre équivalent au CCNI canadien, le CTV et le CSHPF, recommandaient au contraire que les enfants considérés comme étant à risque de tuberculose dans notre pays, en particulier les enfants d’origine africaine et asiatique, soit systématiquement vaccinés au cours du premier mois de la vie, que 5 jours plus tard cette recommandation fut reprise par la circulaire du 5 octobre de la DGS, confirmée par le rapport de la commission d’audition du 13 décembre 2006 et le nouvel avis du CTV et du CSHPF du 9 mars 2007. Entre-temps l’Académie de médecine avait également soutenu ce point de vue (rapport et communiqué du 28 juin 2006) pendant que d’autres défendaient avec acharnement le maintien de cette vaccination à tous les enfants de France !
Pour le CCNI canadien « Le vaccin BCG vise uniquement à prévenir les conséquences graves d’une infection non reconnue chez les jeunes enfants lorsque les programmes de détection de la TB et de lutte contre la maladie ne sont pas optimaux. Les principaux volets de la lutte contre la tuberculose dans la population des Premières nations devraient demeurer inchangés : identification des cas et traitement, recherche des contacts et traitement sous observation directe, prophylaxie, surveillance, recherche, éducation et formation. »
Vous l’aurez noté, la vaccination ne fait pas partie de la liste.
Le CCNI recommande le vaccin BCG pour « les nourrissons des communautés des Premières nations et inuites ou les groupes de personnes dont le taux annuel moyen de TB pulmonaire à frottis positif a été supérieur à 15 pour 100 000 habitants (tous âges confondus) au cours des 3 années précédentes OU dont le risque annuel d’infection tuberculeuse est de > 0,1 % et qui n’ont pas accès à des services de détection précoce et de traitement de l’infection tuberculeuse. Le dépistage des anticorps anti-VIH chez la mère de l’enfant devrait avoir donné des résultats négatifs et il ne devrait y avoir aucun signe ni facteur de risque connu d’immunodéficience chez l’enfant qui doit être vacciné. Ce taux de TB pulmonaire à frottis positif (15 pour 100 000) est le même taux recommandé par le Comité canadien de lutte antituberculeuse et Santé Canada pour la désignation des zones géographiques à l’extérieur du Canada où le taux de prévalence de l’infection tuberculeuse est élevé. Un risque annuel d’infection tuberculeuse supérieur à 0,1 % est le seuil recommandé par l’Union internationale contre la tuberculose et les maladies pulmonaires pour l’interruption sélective des programmes de vaccination par le BCG.
Si le vaccin BCG est actuellement offert à tous les nourrissons dans une communauté qui ne répond pas à l’un des critères ci-dessus, le programme de vaccination devrait être abandonné dès qu’un programme de détection précoce et de traitement de l’infection tuberculeuse latente peut être mis en oeuvre. ».
Ce taux de 15 cas contagieux pour 100 000 est très important car il est 3 fois supérieur à la barrière fixée il y a 20 ans par l’UICTMR de 5 pour 100 000 cas à frottis positif c’est à dire les cas vraiment contagieux. On estime que c’est le taux de contagieux pour la France. Ayant confronté les risques du vaccin avec ceux de la maladie le Canada a pris la décision de relever considérablement le niveau de définition d’un enfant à risque suffisamment élevé de tuberculose pour recommander la vaccination. En avril 2003 c’est tenue une réunion de haut niveau avec les représentants des Premières nations qui ont dit clairement que dans aucune communauté à haut risque d’éclosions de tuberculose on ne devait mettre fin rapidement au programme de vaccination par le BCG tant qu’il n’y aura pas dans la communauté d’éléments de programme adéquats et fiables de lutte antituberculeuse pour remplacer le BCG. Voilà qui pourrait conforter le point de vue français. Sauf que ce principe n’est appliqué qu’à des communautés ayant des taux de contagieux au moins 3 fois plus élevé qu’en France. A noter aussi que le Canada applique le même critère au reste du monde, c’est à dire qu’un immigrant n’est considéré comme à risque que s’il provient d’une région ayant de tels taux. Les comités d’experts français en sont arrivés à définir comme à risque, et justifiant donc la vaccination des enfants nouveaux arrivants, des continents entiers à l’exception de l’Europe occidentale, l’Amérique du nord, le Japon et l’Australie.
« Un survol des effets secondaires associés au vaccin BCG au Canada a récemment été effectué par le Comité consultatif sur l’évaluation de la causalité (CCEC) de l’Agence après que des rapports de cas d’infection disséminée par le BCG eurent été recueillis par le programme IMPACT (Surveillance active des effets secondaires associés au vaccin) de surveillance en milieu hospitalier. Entre 1993 et 2002, le programme a identifié 21 effets secondaires associés au vaccin BCG, qui ont été passés en revue par le CCEC; 15 de ces cas ont été jugés graves (le patient est décédé ou a séjourné à l’hôpital pendant 3 jours ou plus). Au nombre des cas graves, on retrouvait six cas d’infection disséminée par le BCG (cinq enfants des Premières nations et Inuits, qui sont tous morts par la suite), deux cas d’ostéomyélite, cinq abcès et deux cas d’adénite. Lorsqu’on a évalué la causalité, 14 des 21 cas ont été jugés fort probablement-certainement associés au vaccin (notamment les six cas d’infection disséminée), cinq cas étaient probablement associés au vaccin, un était peut-être associé au vaccin et un autre ne pouvait être classé. Un autre cas mortel d’infection disséminée par le BCG a été relevé en 2003 et évalué par le CCEC comme étant fort probablement-certainement associé au vaccin. »
Le premier constat que l’on peut faire est que si le Canada trouve plus de cas que d’autres pays c’est d’abord parce qu’il les recherche activement alors qu’en France on semble considérer qu’ils sont si rare que ce n’est pas la peine ! Une anecdote : à l’audition BCG un expert rappelle depuis la salle la fréquence estimée de BCGites disséminée en France : 12, valeur résultant d’une étude publiée en 2004 par l’expertise Inserm. Un membre du CSHPF rétorquera aussitôt, c’est surestimé ! Argument rodé depuis longtemps ! Une autre : à partir d’un témoignage raconté sur un blog j’ai moi-même alerté la pharmacovigilance d’une région de France qui m’a aussitôt répondu qu’il s’agissait d’un cas grave ; mise en relation avec la famille puis les médecins qui s’occupaient de l’enfant le cas a pu être enregistré alors qu’il ne l’avait pas été malgré une longue hospitalisation. Dans notre médecine de santé publique il y a des rouages grippés que le citoyen doit actionner à la manivelle…
On peut aussi observer que cette vaccination ciblée définie sur des critères ethniques ne semble avoir posé aucun problème éthique particulier contrairement à la France où cette idée a provoqué un déchaînement de passions comme j’ai pu le constater à l’audition de novembre.
[1] http://www.phac-aspc.gc.ca/tbpc-latb/bcgvac_1206_f.html
[2] http://www.phac-aspc.gc.ca/publicat/ccdr-rmtc/04vol30/acs-dcc-5/index_f.html
19 juin 2007
L'expérience du BCG SSI en Finlande
En Finlande, la vaccination par le BCG était proposée à tous les nouveaux-nés, et la couverture vaccinale était supérieure à 98% [2]. De 1971 à 1978 quand elle utilisait le BCG souche Gothenburg la fréquence des ostéites par BCG était très élevée : 36,9 pour 100000 vaccinations. Elle régressa jusqu’à 6,4 après le remplacement de ce vaccin par la souche Glaxo-Evans et la réduction de la dose à 0,05ml. Ce vaccin a été supprimé par le fabricant et depuis août 2002 c’est le vaccin BCG SSI souche danoise qui est utilisé en Finlande
Avec ce changement un pic de lymphadénite fut notifié, passant de 8/100000 avec la souche Evans à 285 dans les mois qui suivirent le changement. Un accroissement de lymphadénites fut aussi observé à Londres après le même changement ainsi que dans d’autres populations. L’accroissement initial observé s’est stabilisé en Finlande à 140/100000.
Jusqu’à août 2002 seulement 1 ou 2 ostéites par BCG furent observées mais 6 cas furent notifiés en 2003. L’accroissement des réactions indésirables avec le BCG SSI ont influencé la perception à la fois de la médecine et du public sur la vaccination néonatale généralisée par le BCG. Avec la décroissance de l’incidence de la tuberculose ces complications ne pouvaient pas être plus longtemps acceptées.
La décision a donc été prise de remplacer la politique de vaccination universelle du BCG par une vaccination ciblée sur les groupes à risque [1].
La Finlande a donc commencé son expérience du BCG SSI trois ans et demi avant la France pour prendre la décision d’abandonner la vaccination généralisée avant que la France n’est commencé à utiliser ce vaccin. Mais comme l’expérience des uns n’est pas celle des autres nous sommes en train de passer par les mêmes étapes qui conduiront inéluctablement à la même décision après beaucoup de drames inutiles que nous pourrions éviter si nous voulions bien regarder l’expérience des autres. Mais nos dirigeants et responsables, qu’ils soient politiques, médicaux, juristes ou autres en paraissent incapables.
Ainsi, à l’audition publique sur le BCG des 13 et 14 novembre 2006 aucun intervenant n’a fait allusion à cette expérience. Depuis la salle j’ai pu intervenir pour signaler cet expérience intéressante au plus au point pour nous français qui sommes partis pour la même aventure plusieurs années après les finlandais.
Bien que cette expérience ait été relatée en mars 2006 sur le site d’eurosurveillance avec un titre sans ambiguïté [1], un autre article récapitulatif des politiques BCG en Europe sur le même site et pour le même mois mentionnait toujours la vaccination généralisée en Finlande parce que l’année de référence choisie était…2002 ! ([3] tableau récapitulatif)
Malgré mon intervention à l’audition pour le signaler, le rapport de la commission d’audition du 13 décembre 2006 a mentionné que la Finlande pratiquait toujours la vaccination généralisée à la naissance qu’elle avait pourtant pris la décision d’abandonner un an auparavant ! Voilà comment se propagent les nouvelles à l’heure d’internet ! Les diligences auraient transmis l’information plus rapidement !
Il aura donc fallu 3 ans aux médecins et à la populations finlandaise pour qu’une prise de conscience deviennent suffisamment forte pour conduire les autorités à cette décision. Combien de drames inutiles nous pourrions éviter si nous voulions bien apprendre à regarder et à écouter. Mais tout est systématiquement verrouillé. Combien de temps et de drames inutiles faudra-t-il pour cela ? Le temps va créer un inexorable phénomène d’accumulation : les familles concernées par le SSI en 2006 le sont toujours en 2007 et cela se poursuivra en 2008. On s’approchera ainsi inéluctablement d’un point de rupture si les autorités ne prennent pas la bonne décision à temps.
Les nourrissons y laisseront beaucoup de leur santé mais la médecine et les décideurs en santé publique y perdront leurs dernières plumes, s’il leur en reste encore ! Ils ne semblent toujours pas avoir compris la leçon de la vaccination hépatite B…
[1]BCG en Finlande : évolution d’une politique de vaccination universelle vers une politique ciblée (Par Epi Salo) Résumé en français :
http://www.eurosurveillance.org/em/v11n03/1103-126.asp
[2] Texte complet en anglais
http://www.eurosurveillance.org/em/v11n03/1103-226.asp
[3] http://www.eurosurveillance.org/em/v11n03/1103-223.asp
Le BCG en Belgique
C’est simple, le BCG n’est pas disponible en Belgique ! Quand on
consulte le calendrier
vaccinal belge [1] ainsi que les vaccins disponibles
[3] on ne voit nul part, même mentionnée pour mémoire, le BCG. Pour en
trouver trace il faut aller visiter les vaccinations recommandées au
voyageur [2]. On y lit alors ceci :
« Vaccination BCG contre la
tuberculose chez le voyageur
Pour des voyages de courte durée,
la vaccination contre la tuberculose (BCG) n’est certainement pas indiquée,
ayant une efficacité partielle.
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande* toutefois
la vaccination chez les enfants et les jeunes adultes qui envisagent un séjour
prolongé (au moins quelques mois) dans un pays où cette affection reste
endémique. La vaccination est également recommandée chez les enfants d’immigrés
qui retournent en vacances dans leur pays. Elle est requise par certaines
écoles à l’étranger pour y scolariser un enfant (lycées français).
Le vaccin B.C.G. n'est pas disponible, pour le moment, en Belgique. Un pharmacien en possession d'une ordonnance nominative et d’une déclaration du médecin peut l'importer de l'étranger. Les patients dont les défenses immunitaires sont amoindries en raison d’une maladie ou d’une médication, ne doivent certainement pas être vaccinés par le BCG, dans les pays comme la Belgique où la prévalence de la tuberculose et du sida sont faibles.»
* Notez que c’est l’OMS qui recommande et non la Belgique, nuance…
Le vaccin
n’est pas interdit en Belgique mais s’il faut le commander spécialement à
l’étranger cela en limite évidemment
l’utilisation. La Belgique aurait-elle beaucoup moins de tuberculoses que la
France ? Même pas, le taux pour 100 000 est estimé à 12 alors qu’en 2005
le taux en France métropolitaine était descendu en dessous de 9.
« En Belgique, le nombre de nouveaux cas répertoriés chaque année est relativement stable depuis 1990 avec environ 12 cas par 100.000 habitants. En 2003, selon le Fond des Affections Respiratoires (FARES), on observe une légère diminution du nombre de cas (1.128), ce qui correspond à une incidence de 11,5/100.000 (12,5/100.000 en 2002). Plus de la moitié des patients tuberculeux déclarés sont originaires de pays à forte prévalence tuberculeuse. Les sans abri, les marginaux, les toxicomanes utilisant des seringues, les prisonniers et les sujets infectés par le VIH font également partie des groupes à risque ».
Voici
les indications en faveur de la vaccination BCG. Vous verrez qu’elle sont très
rares et bien différentes des indications françaises :
« Personnes saines avec test tuberculinique
négatif :
- La vaccination BCG
contre la tuberculose est indiquée ou à envisager chez :
- Les
enfants d’allochtones originaires de pays à haute prévalence tuberculeuse qui
retournent définitivement ou fréquemment dans leur pays d’origine (en
France cette vaccination est prévue pour ceux qui restent, ndlr).
- Les coopérants,
surtout s’ils travaillent dans le secteur de la santé et les jeunes
enfants qui se rendent pour plusieurs mois dans un pays à haute prévalence
tuberculeuse et qui entrent en contact étroit avec la population
indigène (en France cette restriction importante n’est pas mentionnée,
ndlr). Pour les autres coopérants et les touristes aventureux, un suivi,
avant et après le séjour, au moyen du test tuberculinique est conseillé
(intradermo-réaction tous les 1 ou 2 ans ou quelques mois après le retour
en Belgique).
- Eventuellement, le
personnel d’institutions de soins où sont régulièrement soignés des
patients présentant une tuberculose pulmonaire à bacilles tuberculeux
multirésistants. »
Comme on peut le constater en consultant des blogs, les Belges sont très désagréablement surpris d’être soumis à la vaccination BCG quand ils viennent s’installer en France alors qu’on ne parle pas de ce vaccin chez eux. Et cela aussi bien pour des adultes venant exercer certaines professions que pour les jeunes enfants et les bébés. Et avec les méfaits particulièrement fréquents et spectaculaires du BCG souche danoise maintenant utilisé, la grogne est encore plus manifeste. A en regretter le plat pays chanté par Jacques Brel. Avec un tel vaccin, la France ne va pas rester longtemps une terre d’accueil…
Lu sur un blog :
« Je suis belge. Chez nous, le vaccin a été totalement
supprimé, comme dans quasiment tous les pays européens. Ayant trouvé l'amour en
France, je suis venue m'y installer. Le BCG m'a été demandé pour pouvoir
travailler. En Belgique, il n'y a même plus moyen de le trouver. Je me suis
donc faite vacciner en France (au centre de vaccination l'Hôtel Dieu). On m'a
fait 2 fois le test (2 fois négatif) puis ils m'ont enfin vaccinée. Résultat,
je me suis promenée avec un trou suintant dans le bras pendant 1 mois (bah oui,
ils font ça en dessous du bras et le frottement avec les vêtements ralentit la
cicatrisation). J'ai discuté avec des médecins ici (espagnols et français) qui
trouvent que ce vaccin est complètement inutile. Ils parlent de lobby
pharmaceutiques. Est ce pour cela que ce vaccin existe toujours en France? De
plus, nous ne sommes absolument pas protégés contres les nouvelles souches
mutantes venant de l'Est. Bref, je regrette vraiment d'avoir été obligée de
faire ce vaccin inutile et potentiellement dangereux pour pouvoir travailler.
De plus, j'ai 24 ans, est ce toujours utile de vacciner à mon âge? »
[1] http://www.sante.cfwb.be/charger/schemaVaccinal2007.pdf
[2] http://www.vaccination-info.be/vaccination/vaccinations%20a%20certains/certains.html
[3] Vaccins disponibles http://www.sante.cfwb.be/dochtml/vaccination.html
[4] Compléments
d’informations http://www.vaccination-info.be
12 juin 2007
Le BCG en Suisse
La vaccination à la naissance
et à l’école a été abandonné au cours
des années 1990 dans les divers canton
suisse. On peut se demander si cela a modifié la prévalence de la
tuberculose infantile dans ces cantons.
« Absolument pas, répond
InfoVac suisse [1], la tuberculose infantile est
devenue et reste exceptionnelle dans la population indigène de notre pays. La
maladie tuberculeuse est rare chez les citoyens suisses de même que chez les
ressortissants étrangers établis de longue date chez nous. Au contraire, elle
reste un problème chez les enfants originaires de pays à haute prévalence
tuberculeuse.
Selon les recommandations actuelles de l’OMS, la vaccination
par BCG n’est recommandée dans les pays d’endémie faible, comme le nôtre, que
pour les sujets appartenant à un groupe à risque élevé et dès la naissance (ou
au plus tard avant le premier anniversaire). En Suisse, la population ciblée
est donc les nouveaux-nés et nourrissons de moins de 12 mois dont les parents
sont originaires de pays à prévalence élevée (Afrique, Asie, Amérique latine,
Europe de l’est, Portugal) et qui seraient susceptibles d’y retourner. »
Voici le point de vue officiel sur l’efficacité du
BCG en Suisse (Office fédéral de la santé publique) [2]:
« La vaccination ne
modifie pas l’endémie de la tuberculose. L’arrêt de la vaccination dans
beaucoup de pays européens n’a pas entraîné de recrudescence des cas de
tuberculose dans la population enfantine de ces pays ». Affirmation accompagnée par toute une série de références.
« Diverses études, effectuées sur des populations
différentes et avec des vaccins différents, ont permis de dégager deux
caractéristiques générales du vaccin BCG : 1) La vaccination par BCG
protège essentiellement contre les formes disséminées de la maladie tuberculeuse, c’est-à-dire la méningite et la
miliaire. 2) Plus l’âge au moment de la vaccination est élevé, plus
l’efficacité est réduite*. Elle ne prévient pas l’acquisition de
l’infection (laquelle est le plus souvent latente) et prévient mal le
développement d’une pneumopathie tuberculeuse.
On peut estimer que la
vaccination du nourrisson (seule indication encore admise dans notre pays)
assure une protection d’environ 80% contre l’évolution vers la méningite et la
miliaire ».
C’est pour cette raison que la vaccination n’est pas
indiquée pour les enfants suisses, ni pour les enfants de nationalité étrangère
dont les parents sont installés en Suisse. Cependant elle reste recommandée pour les nouveau-nés et les
enfants de moins de 12 mois dont les parents sont originaires de pays d’endémie
tuberculeuse élevée (Afrique, Asie, Amérique latine, Europe de l’Est, Portugal)
et qui sont susceptibles d’y retourner. Cette recommandation n’a posé aucun
problème de nature éthique dans ce pays pourtant pointilleux.
Plus encore, comme le précise les responsables suisses, « selon
les recommandations actuelles de l’OMS, la vaccination par BCG n’est
recommandée dans les pays d’endémie faible, comme le nôtre, que pour les sujets
appartenant à un groupe à risque élevé et dès la naissance (ou au plus tard
avant le premier anniversaire) ». C’est pourquoi la vaccination des enfants
de plus d’un an, même jugés à risque, et des adultes n’est plus pratiquée
ni recommandée, même pour les adultes exposés à la tuberculose dans le cadre de
leur activité professionnelle et pour ceux qui voyagent dans des zones
d’endémie élevée. Ce pays, qui héberge l’OMS, est bien placé pour connaître ses
recommandations et les appliquer scrupuleusement contrairement à l’un de ses grands
voisins...
*L’OMS exprime dans un gros document sur la tuberculose [3] un point de vue apparemment opposé en
considérant au contraire que le BCG serait plus efficace à l’âge scolaire mais
qu’en milieu contaminé c’est trop tard alors qu’à la naissance le système
immunitaire n’est pas encore mature. En réalité il s’agit de 2 efficacités
différentes : l’efficacité immunologique d’une part et l’efficacité
réelle. Le BCG serait immunologiquement plus efficace s’il est fait à 5 ans
mais si l’enfant est déjà contaminé on ne pourra lui faire et cela ne servira à
rien. D’où la nécessité, si on veut avoir une chance qu’il soit utile, de le
faire le plus tôt possible mais avec les risques que cela comporte ( voir
article Les BCGites disséminées)
Les
propriétés du BCG pour les Français ne sont sans doute pas très différentes de celles reconnues pour les
Suisses : une action limitée aux seules méningites tuberculeuses et
miliaires, soit une quinzaine de cas par an chez les moins de 15 ans en France.
Les conclusions faites en Suisse sont en accord avec celles publiées en 2001
par notre l’Institut de veille sanitaire [4] :
«Au plan national, le nombre de cas de tuberculose évités
actuellement chaque année par le BCG se situe entre moins d’une dizaine,
dans l’hypothèse la plus défavorable au vaccin à plus de 250 dans l’hypothèse
la plus favorable envisagée. Cependant, les données de la littérature plaident
en faveur d’un pouvoir protecteur réel du BCG proche de la première
hypothèse (efficacité limitée à la prévention des miliaires et méningites
du jeune enfant). »
Cette reconnaissance aurait dû conduire aux mêmes conclusions
chez nous. Mais il y eut une « réaction » qui s’exprima 3 ans plus
tard dans l’expertise collective de l’Inserm de novembre 2004 [5] qui présente
l’hypothèse la plus favorable au vaccin évitant 800 cas ainsi qu’une hypothèse
moyenne en évitant 320, mais qui a oublié l’hypothèse la moins favorable au
vaccin, et pourtant jugée 3 ans auparavant comme étant la plus probable par
l’étude de l’InVS, alors qu’il existe des auteurs communs aux 2 études….
L’expertise
de l’Inserm fait maintenant autorité dans notre pays et ce sont ses conclusions
que le Comité technique des vaccinations et le Conseil supérieur d’hygiène
publique ont repris dans leur avis du 30/09/05 :
« L’arrêt total de la vaccination par le BCG entraînerait une augmentation annuelle des cas de tuberculose chez les enfants de moins de 15 ans non négligeable, estimée de 320 à 800 cas dont au moins 10 à 16 de méningites ou miliaires tuberculeuses chez l’enfant. »
Plusieurs articles de ce blog exposent ce qu'on peut en penser (catégorie l'expertise et le BCG).
[1] http://www.swiss-paediatrics.org/paediatrica/vol14/n2/qbcg-fr.html
[2] http://www.swiss-paediatrics.org/paediatrica/vol14/n2/bcg-fr.html
[3] http://whqlibdoc.who.int/publications/2005/9241546344_fre.pdf
[4] Impact épidémiologique d’une modification de la
politique de vaccination par le BCG en France- InVS 2001
http://www.invs.sante.fr/publications/rap_bcg_1101/index.html
[5] http://ist.inserm.fr/basisrapports/tuberculose.html