La vaccination BCG

Du Monovax au BCG SSI. Effets indésirables, complications. Contre-indications et législation. Pratique et évolution du BCG en Europe et le monde. Lutte contre la tuberculose en France et dans le monde. Tests tuberculiniques

21 décembre 2007

Vaccination BCG : l'Afssaps se réveille !

Mieux vaut tard que jamais !

L’Afssaps vient de mettre en ligne une lettre aux prescripteurs où elle présente sa campagne d’information sur les complications locales et régionales de cette vaccination. Ce, 2 ans après le début de l’utilisation exclusive du BCG SSI dans le cadre d’une vaccination obligatoire exigée pour l’entrée en crèche ! A croire qu’il s’agissait d’un nouveau vaccin et qu’on ne savait pas ! La Suède l’utilise depuis 1979, uniquement sur les enfants non suédois…de même en Suisse. La Finlande, qui avait opté pour ce vaccin en août 2002 dans le cadre d’une vaccination généralisée, a pris la décision en 2005 d’abandonner cette vaccination généralisée en raison des inconvénients de ce vaccin. L’Académie de médecine avait prévenu et réclamait l’abandon de la vaccination obligatoire pour janvier 2006…En vain ! Les expériences des uns ne sont jamais celles des autres…

Voici la lettre de l’Afssaps

« Campagne d’information sur les complications loco-régionales consécutives à la vaccination BCG

Information destinée aux médecins généralistes, pédiatres, pédiatres des PMI, dispensaires, centres médico-sociaux.

Lettre aux prescripteurs, mise en ligne le 21 décembre 2007

Madame, Monsieur,

Depuis l’arrêt de commercialisation du vaccin BCG avec applicateur multipuncture (Monovax®) en décembre 2005, le vaccin est aujourd’hui administré uniquement par voie intradermique (BCG SSI®). Ce changement de pratique a coïncidé avec une augmentation du nombre de réactions indésirables graves, qui a motivé une enquête de pharmacovigilance*. Tout particulièrement, l’observation plus fréquente d’abcès locaux a conduit l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) à mettre en œuvre, en avril 2006, un plan national de gestion des risques (PGR) afin de minimiser le risque de survenue de ces manifestations indésirables.

Par ailleurs, la Ministre de la santé a annoncé, le 11 juillet 2007, la suspension de l’obligation de vaccination par le BCG chez l’enfant et l’adolescent, en vigueur depuis 1949. Cette mesure fait notamment suite à l’avis rendu le 9 mars 2007 par le Conseil supérieur d’hygiène publique et s’assortit d’une recommandation forte de vaccination des enfants les plus exposés à la tuberculose. Un programme triennal de lutte contre la tuberculose est en cours de mise en œuvre, durant lequel un grand nombre de vaccinations sera nécessairement réalisé.

Dans ce contexte, l’Afssaps a élaboré différents documents d’information, en s’appuyant sur les travaux d’un groupe multidisciplinaire d’experts praticiens et sur les avis de la Commission d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) :

 - une fiche « Mon enfant a été vacciné par le BCG », qui sera prochainement mise à disposition des pharmaciens d’officine. Lors de la délivrance d’une dose du vaccin BCG, ceux-ci pourront ainsi rappeler aux parents quelques règles d’hygiéne simples à respecter, expliquer que la survenue de réactions locales est une conséquence prévisible du geste vaccinal et surtout les rassurer en indiquant que l’évolution de ces réactions se fait, dans la quasi-totalité des cas, vers la guérison spontanée (ce document est également disponible sur le site Internet de l’Afssaps) ;

 - une affichette, jointe à ce courrier, qui résume les principaux messages à destination des patients. Nous vous invitons à la mettre en évidence dans votre cabinet ou salle d’attente ;

 - une mise au point sur la prise en charge des abcès locaux et des adénopathies consécutifs à la vaccination BCG, qui sera mise en ligne dans les prochains jours sur le site Internet de l’Afssaps (rubrique sécurité sanitaire & vigilances / Point sur).

 

 Je vous prie de croire, Madame, Monsieur, à l’assurance de ma considération distinguée.

 Jean MARIMBERT

· Compte rendu de la Commission nationale de pharmacovigilance du 28/11/2006 (http://afssaps.sante.fr/htm/1/pharmaco/cr061101.pdf)

Pour plus d’informations sur les nouvelles recommandations vaccinales www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/tuberculose/vaccin_bcg.htm »

La fiche et l’affichette sont accessibles sur le site de l’Afssaps à la même adresse que la lettre ainsi que la prise en charge des abcès locaux et adénopathies.

 

Tout cela, l’Afssaps ne pouvait pas le faire plus tôt ? Le problème n’est pas ici de savoir s’il fallait ou non continuer à vacciner mais, à partir du moment où l’obligation était maintenue l’Etat, en l’occurrence ici l’Afssaps, avait le devoir d’organiser convenablement le changement de vaccin. Cela n’a pas été fait et pendant 18 mois de vaccination obligatoire, familles et médecins ont été désemparés comme le démontrent les réactions des mamans sur les nombreux blogs. Cette action tardive de l’Afssaps est aussi un aveu de son incapacité à anticiper et à éviter les crises. Qu’on soit pour ou contre les vaccins, une telle incurie est aujourd’hui inacceptable, surtout si on est pour car elle nuit à l’image des vaccins. Pourtant, les experts de l’Afssaps rencontrent régulièrement leurs homologues européens dans le cadre de l’EMEA (agence européenne du médicament) à Londres. Ils pouvaient demander des infos aux pays qui font usage (très limité) de ce vaccin. Invraisemblable !!!

De plus encore, pendant 18 mois d’obligation nous avons vécu avec les contre-indications du Monovax alors qu’il en existe d’autres avec le SSI. Il a fallu attendre le 11 juillet 2007 pour qu’elles soient mentionnées sur le site du ministère comme devant être respectées…Et pour un vaccin destiné à des enfants et des nourrissons ! Incroyable !!!

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17 juin 2007

Attention : le BCG est contagieux!

Le laboratoire Serum Institut of India STD [1] qui produit aussi du BCG [2] donne des recommandations à peu près identiques à celles du laboratoire SSI mais avec en plus celle-ci : « un risque de BCGite généralisée existe pour les enfants immunodéprimés vivant au contact d’un enfant vacciné » car, on le comprend bien, l’enfant vacciné pouvant avoir un abcès suppurant pourrait contaminer son camarade de jeux.

Le même risque existait avec la vaccination antivariolique pour les enfants souffrant ou ayant souffert d’eczéma : la contamination de l’eczéma par une personne récemment vaccinée contre la variole entraînait une complication très grave, souvent mortelle, l’eczéma vaccinatum. Ce à un point tel que notre plan variole élaboré et publié en février 2003 considère qu’une personne faisant ou ayant fait de l’eczéma contre-indiquait la vaccination antivariolique pour toutes les personnes partageant le même toit.

On pourrait donc se demander si un enfant ayant de l’eczéma et jouant avec des enfants ayant des abcès suintant liés au BCG ne risquerait pas ainsi une contamination de son eczéma. Ce risque n’est pas mentionné par Sanofi reprenant les recommandations du laboratoire SSI. Parce qu’il n’existe pas ? Ces laboratoires n’ont pas mentionné le risque pourtant très grave rappelé par Serum Institut of India. Alors ?

[1] http://www.seruminstitute.com/

[2] http://www.seruminstitute.com/content/products/product_bcg.htm

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15 juin 2007

VIH : Les risques du BCG

Au moment de cette vaccination la biologie et l’immunologie de l’enfant sont de grandes inconnues et les contre-indications peuvent ne pas être visibles ou aisément décelables. La vaccination dans les premier mois de la vie fait ainsi courir des risques graves à l’enfant. Ce problème a déjà été étudié dans l’article de ce blog "Les sacrifiés du BCG à la naissance " mais un nouvel élément vient le compléter : dans le REH du 25 mai 2007 (Relevé épidémiologique hebdomadaire) l’OMS annonce la « révision des lignes directrices relatives à la vaccination par le BCG des nourrissons exposés au risque d’infection par le VIH ».

« L’OMS avait précédemment recommandé que, dans les pays où le poids de la tuberculose est élevé, on administre une dose unique de BCG à tous les enfants en bonne santé dès que possible après la naissance, à moins qu’ils ne présentent une infection à VIH symptomatique. Toutefois, les données récentes montrent que les enfants qui étaient infectés par le VIH lorsqu’ils ont reçu le BCG à la naissance, et qui ont par la suite présenté un sida, présentaient un risque accru de BCGite disséminée. Chez ces enfants, les risques associés à l’utilisation du BCG l’emportent sur les avantages qu’il y a à peut-être prévenir une tuberculose grave. Le GACVS (comité consultatif mondial sur la sécurité des vaccins) a par conséquent conseillé à l’OMS de modifier sa recommandation de façon que les enfants connus pour être infectés par le VIH, même s’ils sont asymptomatiques, ne soient plus vaccinés par le BCG. »

Rien de plus simple sauf que la volonté de vacciner ces enfants est importante car ils sont généralement dans des populations à risque élevé de tuberculose et qu’il est très difficile de dépister si jeunes les enfants infectés par le VIH et ne présentant aucun symptôme :

« Malheureusement, le diagnostic précis d’une infection à VIH au cours de la première année de vie repose sur la mise en évidence directe du virus, du fait que les anticorps maternels anti-VIH sont passivement transférés au nourrisson in utero. Les dosages actuellement disponibles que l’on peut utiliser pour diagnostiquer une infection à VIH au cours de la première année de vie comprennent des tests disponibles dans le commerce ou non, validés par des instances extérieures, de recherche de l’ADN (PCR) ou de l’ARN du VIH et de l’antigène, ces tests sont coûteux, techniquement difficiles à réaliser pour de nombreux pays dans lesquels sévissent des épidémies d’infection à VIH généralisées. L’OMS recommande d’effectuer ces tests pour la première fois vers l’âge de 6 semaines, mais c’est souvent après que la vaccination par le BCG a déjà été administrée.

Les signes d’une infection par le VIH sont rares au cours des premières semaines de la vie, moment auquel le BCG est habituellement offert*. Comme toutes les femmes ne se voient pas offrir un dépistage du VIH pendant la grossesse, on ne sait pas toujours au moment de la naissance quelle est la sérologie VIH des enfants qui seraient nés de mères infectées par le VIH. Même lorsque l’infection maternelle est dépistée pendant la grossesse, les interventions visant à réduire la transmission mère-enfant de l’infection peuvent ne pas être toujours disponibles ni offertes, et les schémas appliqués peuvent par conséquent avoir une efficacité variable pour prévenir une telle transmission. L’évaluation du risque est encore compliquée par le risque persistant d’acquisition de l’infection chez les enfants nourris au sein. »

* Notez le terme utilisé, "BCG offert," alors qu’il est souvent imposé par de multiples pressions, voire pratiqué à l’insu même des parents mis devant le fait accompli et contraints d’assumer par la suite les conséquences de ce vaccin.

Devant ces difficultés quasi insolubles l’OMS a formulé des recommandations évasives où les avantages et inconvénients de la vaccination précoce sont liés à l’ignorance du vaccinateur au moment de pratiquer l’acte vaccinal. Ainsi, s’il ne sait pas si l’enfant est ou non infecté par le VIH le bénéfice est alors à la vaccination ! Ainsi vous jouez à pile ou face, si c’est pile vous gagnez 10 euros et si c’est face vous les perdez. La pièce a été lancée et vous ne pouvez plus rien changer au résultat mais vous ne pouvez pas le connaître. Vous décidez alors que c’est pile ! La règle est simple, si on ne sait pas on vaccine, si on sait on ne vaccine pas et si l’enfant a déjà été vacciné c’est tant pis ! Vous ne me croyez pas ? Lisez :

 «  Les avantages de la vaccination par le BCG l’emportent sur les risques chez les nourrissons nés de femmes dont on ignore si elles sont infectées par le VIH. Ces nourrissons doivent être vaccinés.

 Les avantages de la vaccination par le BCG l’emportent en général sur les risques chez les nourrissons dont on ignore s’ils sont infectés par le VIH et qui ne montrent aucun signe ni symptôme évocateur d’une telle infection, mais qui sont nés de femmes connues pour être infectées par le VIH. Ces nourrissons doivent être vaccinés après examen des facteurs déterminés localement susmentionnés.

 Les risques d’une vaccination par le BCG l’emportent sur ses avantages chez les nourrissons dont on sait qu’ils sont infectés par le VIH, qu’ils présentent ou non des signes ou symptômes de cette infection. Ces nourrissons ne doivent pas être vaccinés.

 Les risques d’une vaccination par le BCG l’emportent en général sur ses avantages chez les nourrissons dont on ignore s’ils sont infectés par le VIH mais qui présentent des signes ou des symptômes évocateurs d’une telle infection et qui sont nés de mères infectées par le VIH. Ces enfants ne doivent pas être vaccinés. Cependant, cette recommandation ne s’appliquera qu’aux enfants qui n’ont pas encore reçu le  BCG au cours des premières semaines suivant leur naissance, puisque les manifestations cliniques n’apparaissent en règle générale pas avant l’âge de 3 mois. Si on peut pratiquer un test virologique précoce pour savoir si l’enfant est séropositif, le BCG peut alors être administré une fois qu’on a exclu la possibilité d’une infection par le VIH. »

L’OMS est certainement consciente du caractère très hypocrite de ses recommandations puisqu’elle conclut ainsi : « Au fur et à mesure des nouveaux éléments d’information, des recommandations plus explicites sur cette question seront publiées, notamment concernant la prise de décision en fonction du rapport risque/avantage dans différentes situations. »

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14 juin 2007

Les BCGites disséminées

La BCGite disséminée est une complication très grave, généralement mortelle, de la vaccination BCG. Elle a d’autant plus de risque de se produire que l’enfant est vacciné jeune, avant que certaines déficiences immunitaires n’aient pu être décelées. C’est pourquoi, après avoir recommandé la vaccination à la naissance des enfants à risque afin de les protéger de la méningite tuberculeuse et après avoir observé 4 BCGites disséminées pour 100000 vaccinés entre 1979 et 1991 avec le BCG SSI, la Suède a pris en septembre 1993 la recommandation suivante ([1] p. 274) :

“Il est recommandé de reporter la vaccination sélective des groupes à risque à l’âge de 6 mois pour les enfants nés en Suède afin d’éviter les risques liés à la vaccination d’enfants en immunodéficience sévère mais n’ayant pas encore développé les symptômes de cette maladie.”

De plus, si en Suède on estime devoir pratiquer cette vaccination plus tôt, une enquête familiale élargie jusqu’aux cousins sera diligentée pour rechercher des causes de décès d’enfants qui pourraient être liés à un déficit congénital [2].

Il y a aussi l’exemple du Canada qui limite pratiquement le BCG aux nourrissons inuits jugés très exposés et qui estime désormais que « le risque d’infection disséminée par le BCG devrait être considéré lorsqu’on évalue les risques et les avantages », conduisant ainsi le Comité Consultatif des Nations Inuites à recommander « que le BCG ne soit plus offert systématiquement aux nourrissons des communautés des Premières nations et inuites. » 


Force est de constater que des pays sérieux comme la Suède et le Canada, après avoir opté pour une vaccination ciblée à la naissance des enfants les plus exposés et après une expérience déjà longue, ont choisi de prendre peut-être un peu plus de risque du côté de la méningite tuberculeuse pour réduire celui de la BCGite disséminée dont l’une des principales causes est le DICS (déficit immunitaire combiné sévère). Mais « l’étiologie d’environ 25% des BCGites disséminées est encore inconnue aujourd’hui » ([1] p. 269). L’incidence du DICS en France est estimée à 1 pour 100 000 naissances ce qui donnerait par cette seule cause 8 cas mortelles par BCGite disséminée en cas de vaccination précoce de tous les enfants alors qu’une greffe de moelle osseuse donne une espérance de survie de 30 ans.

 

La BCGite disséminée c’est quoi ? Une fois introduits dans l’organisme les millions de bacilles vivants contenus dans le vaccin pourront se localiser en divers points du corps et y implanter de petites colonies qui généralement se stabilisent et restent limitées en nombre. Les lieux où le BCG se localise sont le plus souvent les poumons, le foie, la rate, des ganglions mais d’autres organes peuvent être touchés. Le BCG, bacille de Calmette et Guérin ne fait en cela que reproduire le comportement de son ancêtre le bacille de Koch. En effet au cours d’une infection tuberculeuse le BK ne se localise pas que sur les poumons comme on le croit généralement, il atteint aussi le système digestif, le foie étant pratiquement toujours touché. La tuberculose miliaire est une tuberculose généralisée avec une multitude de petits foyers faisant penser à des grains de mil, d’où son nom.

La diffusion du BCG dans l’organisme a été étudiée de 2 façons : expérimentalement sur des bovins sacrifiés à des périodes différentes après la vaccination, puis autopsiés pour observer les organes et mettre en culture des ganglions. On a ainsi retrouvé des bacilles vivants du vaccin plus de 500 jours après la vaccination. Sur l’homme, en marquant le vaccin avec du carbone 14, on a pu mettre ainsi en évidence cette circulation et localisation du bacille sur plusieurs organes.

Chez certains sujets, en particulier ceux atteints de déficit immunitaire, le bacille vaccin va multiplier ses localisations et créer de multiples foyers créant ainsi une dissémination très grave, souvent mortelle, c’est la BCGite disséminée. Sa gravité est telle qu’avant de vacciner un enfant on devrait chercher à s’assurer qu’il n’a pas de déficit immunitaire. A la naissance ce déficit ne peut être généralement connu. Il n’est pas possible de pratiquer des tests sur les enfants avant de les vacciner et la méthode utilisée pour réduire ce risque de BCGite disséminée est d’attendre suffisamment avant de vacciner l’enfant.

Pour la France l’expertise estimait (en 2004 et à l’audition publique de 2006) que la vaccination généralisée des jeunes enfants s’accompagne de 12 BCGites disséminées par an. Cependant, la France n’a aucune expérience du SSI et les observations suédoises ayant été de 4 BCGites disséminées pour 100 000 vaccinations à la naissance cela ferait 30 cas par an en France pour une vaccination précoce et généralisée. Notre expertise estime que « la plupart des BCGites généralisées liées aux DICS pourraient être évitées en repoussant la vaccination après l’âge de 6 mois » ([1] p.157 ou 269). C’est ce que la Suède semble avoir réussi depuis 15 ans. La France veut-elle se donner les moyens d’éviter cette complication ? Non puisqu’elle recommande depuis octobre 2005 la vaccination à la naissance d’environ 100 000 enfants jugés à risque de contamination précoce et qu’elle tarde à supprimer la vaccination obligatoire, contraignant ainsi à cette vaccination dès l’âge de 2 mois des enfants à faire garder parce que la maman doit travailler, plaçant ainsi les parents devant un cruel dilemme s’ils sont informés et devant le fait accompli s’ils ne le sont pas.

Comment l’audition BCG a-t-elle traité le problème les 13 et 14 novembre 2006 ? Disons-le courageusement et sans agressivité : escamotage total ! Je fus le seul a tenter, depuis la salle, de rappeler l’importance qu’il y avait à repousser cette vaccination au delà de 6 mois. Je l’ai fait le premier jour en rappelant l’évolution des politiques suédoises et canadienne à ce sujet puis le lendemain en proposant qu’une enquête dans la famille d’un futur bébé à risque soit réalisée pour que l’entourage du futur enfant soit, le cas échéant, soigné, évitant ainsi au bébé d’être contaminé dans les premiers mois de la vie, ce qui serait, chacun en conviendra, infiniment préférable à cette vaccination à la naissance. Il est en effet reconnu que les très jeunes enfants sont pratiquement toujours contaminés par un proche. En vain ! Ni les projets du plan tuberculose [4] ni le rapport de la commission d’audition [3] n’ont soulevé ce problème très important, bien au contraire.

Pourtant, le problème est bien connu et a été étudié par Jean-Laurent Casanova (service d’immunologie pédiatrique Necker-Enfants malades) avec une publication de 4 pages (expertise collective de l’Inserm,  novembre 2004 [1] p. 269-272). Il signale en particulier le syndrome de DiGeorge touchant 1 enfant sur 5000 naissances, dont le diagnostic est généralement fait en période néonatale et dont les malformations peuvent s’accompagner d’un déficit immunitaire. Ce syndrome devrait donc contre-indiquer le BCG. En conséquence, sur 100 000 vaccinations faites à la naissance il pourrait y avoir une vingtaine d’enfants mis en grave danger pour cette seule raison par une vaccination trop précoce. Précocité que l’on veut “justifier” par le risque des complications graves de l’infection tuberculeuse que sont la méningite tuberculeuse et la miliaire, mais ce risque n’est pas plus grand puisqu’on estime que la vaccination généralisée en France éviterait une quinzaine de ces cas chez l’enfant de moins de 15 ans.

Alors, que comprendre de la logique et de la cohérence de notre politique vaccinale BCG, présente ou proposée? Tous, la main sur le cœur, ne pensent qu’à protéger les enfants de la maladie. Bien ! Mais ils ne semblent connaître que la méningite tuberculeuse et considèrent que la protection contre elle justifierait tous les sacrifices. Y compris de faire courir aux nourrissons un risque aussi grave et aussi fréquent de BCGite disséminée et d’avoir à traiter par des médicaments très nocifs nombre de complications de cette vaccination qui, pour être moins définitives, restent néanmoins très sérieuses.

Témoignages : une ostéite : "hospitaliser en très grande urgence le petit Yassine âgé à l'époque de 6 mois chez qui on avait détecté une maladie génétique dite "orpheline" et très grave désignée par
• SCID "syndrome de déficit immunitaire caractérisé"
Comme il n'a pas été détecté à temps à Tunis, ceci a entrainé une "BCGite" qui est une tuberculose des os, heureusement non contagieuse, inoculé par le vaccin BCG sensé le protéger." Lire la suite... 


[1] http://ist.inserm.fr/basisrapports/tuberculose.html

[2] http://www.eurosurveillance.org/em/v11n03/1103-225.asp

[3] http://www.sfsp.info/sfsp/infos/documents/RapportBCGVF.pdf 

[4] http://www.sfsp.info/sfsp/infos/documents/Dossiersthematiques.htm

Audition publique :  interventions participants, exposés de Mme Le Quellec-Nathan (DGS)

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12 juin 2007

Les sacrifiés du BCG à la naissance

Le BCG à la naissance ou dans le premier mois de vie est maintenant systématiquement recommandé pour les enfants considérés comme étant à risque de tuberculose. Cette recommandation vient de la circulaire de la DGS (Direction générale de la santé) du 5 octobre 2005 s’appuyant sur l’avis du CTV et du CSHPF (Comité technique des vaccinations ; Conseil supérieur d’hygiène publique de France) du 30 septembre 2005 [2]. La même circulaire et le même avis recommandaient que la vaccination des enfants à faible risque soit repoussée au delà de l’âge de 6 mois, sauf mode de garde, la vaccination restant exigée en crèche, garderie ou même chez une nounou agrée pouvant garder plusieurs enfants. Ce distinguo a introduit de fait une vaccination ciblée  mise en œuvre depuis bientôt 2 ans.

 

Mais pourquoi avoir recommandé de repousser la vaccination des enfants à faible risque au delà de 6 mois ? Pour se donner le temps de découvrir d’éventuels déficits immunitaires contre-indiquant formellement la vaccination sous peine de BCGite disséminée pratiquement mortelle. Pour aussi se donner le temps de voir apparaître une dermatose type eczéma qui pourrait contre-indiquer la vaccination, évitant le risque grave d’une contamination de l’eczéma par les bacilles vivants du vaccin. J’ai vu des enfants n’ayant reçu aucun vaccin faire d’importantes poussées d’eczéma à l’âge de 5 mois. Il est donc tout à fait possible de vacciner à l’âge de 4 mois un enfant ne présentant aucun signe d’eczéma puis de le voir faire une première poussée d’eczéma un mois plus tard alors que l’abcès provoqué par le BCG SSI sera en train de se développer. Le vaccin ne serait pas forcément la cause de l’eczéma comme on pourrait être tenté de le penser mais la présence simultanée de l’eczéma et de l’abcès vaccinal sera très préoccupante. Qui peut prétendre maîtriser ou prévoir l’endroit où l’eczéma pourrait sortir chez un enfant qui n’en a jamais fait ? Et même s’il en a déjà fait ? L’abcès vaccinal peut persister pendant des mois, certains enfants en ont depuis un an et rien n’indique quand il pourrait disparaître.

 

Autrement dit les enfants dits à risque de tuberculose qui auraient de telles dispositions non encore visibles au moment de la vaccination sont délibérément sacrifiés sur l’autel de la vaccination au nom de la protection contre la méningite tuberculeuse. De même pour les enfants à faible risque mais dont la maman est obligée de travailler. Ces situations n’ont dérangé aucune conscience alors qu’à l’audition publique sur le BCG le ciblage à été dénoncé comme discriminatoire avec une incroyable force, dans le seul but d’ailleurs de justifier le maintien du BCG généralisé et obligatoire. Mais cette situation est de toute évidence très discriminatoire vis à vis de ceux qui, n’ayant pas les moyens d’une nounou à domicile, devront accepter de perdre leur enfant ou de le voir meurtris à vie, tant qu’il vivra, s’il souffre d’une contre-indication non encore apparue pour empêcher la vaccination. De même bien sûr pour les enfants originaires d’Afrique ou d’Asie.

 

Ce problème est d’ailleurs si important qu’il a conduit 2 pays particulièrement sérieux, la Suède et le Canada, à modifier leur politique vaccinale à la naissance et pratiquée d’abord dans le but d’éviter la méningite tuberculeuse chez l’enfant précocement contaminé (voir article à venir sur la BCGite disséminé).

 

Un exemple possible : 

Sur le blog bébé bérangère à posté le 29 mai 2007 2 messages qui pourraient illustrer ce propos : son enfant a reçu le BCG SSI en octobre 2006 alors qu’il était à peine âgé de 2 mois. Un mois plus tard de gros ennuis pulmonaires ont débuté. Ce fut le début d’un terrible cauchemar puisque l’enfant reçoit maintenant des soins tous les jours (kiné 2 fois par jour, respiration artificielle 3 fois par jour…). Un test de mucoviscidose a été fait. Négatif. Les médecins s’interrogent et la maman encore plus, qui est aux 35 heures pour s’occuper de son enfant, mais par jour !

Faut-il accuser le vaccin ? Les médecins diraient sans doute que de nombreux enfants ont été vaccinés sans observer de telle manifestations. Oui, mais si après avoir tué un cardiaque d’un coup de poing on dit “ce n’est pas ma faute, il était cardiaque, le même coup de poing sur mon voisin l’a fait rigoler et nous sommes les meilleurs amis du monde”, je ne sais pas comment jugera le tribunal.

On peut admettre que cet enfant avait un problème particulier non encore apparu au moment de la vaccination. On peut aussi être convaincu qu’une fois présent le problème aurait certainement très formellement contre-indiqué la vaccination qui a fort bien pu servir aussi de révélateur et d’accélérateur d’un problème dont elle aggraverait les manifestations (ce sont des hypothèses). D’ailleurs l’enfant est maintenant reconnu allergique aux protéines bovines et le BCG a été cultivé et entretenu sur bile de boeuf.

Quoiqu’il en soit de ce problème particulier sur lequel on ne peut évidemment se prononcer, et même si la vaccination n’y était pour rien, il permet de réaliser comment la vaccination prématurée d’un enfant pourrait déclencher des troubles très graves et précipiter toute une famille dans le drame en perturbant profondément la vie de plusieurs personnes. Voir aussi à ce sujet les témoignages de Lisa (10 avril 2007…) sur le même blog. Deux témoignages d’enfants vaccinés SSI et qui présentent des symptômes apparent d’une mucoviscidose non confirmée par les tests. Par contre les troubles persistent. Troublant !

 

La suppression de la vaccination généralisée supprimerait ces problèmes pour l’ensemble de la population mais le maintien d’une vaccination ciblée mais non obligatoire les maintiendrait pour les familles et communautés concernées. Il existe pourtant un moyen simple de réduire les risques d’une contamination précoce, l’enquête autour d’un futur bébé à risque que j’avais proposé pratiquement en ces termes depuis la salle à l’audition BCG le matin du 14 novembre : dès qu’une future maman à risque serait connue, rechercher la tuberculose dans la famille et entourage du futur bébé. Trois avantages : mettre l’enfant à l’abri des contaminations dans les premiers mois de la vie, ce qui est quand même préférable, même avec le BCG; repousser le BCG au delà de 6 mois pour réduire les risques de BCGites disséminées ; lutte efficace contre la tuberculose chez l’adulte. Un médecin intervenant l’après-midi le proposera aussi en soulignant le caractère sympathique qui devrait assurer un taux élevé d’acceptation. Plus efficace et utile que la recommandation de la commission d’audition qui aurait voulu que l’on gaspille le temps des médecins pour qu’ils parlent de la tuberculose à des familles à très faible risque et qui réclamait des moyens financiers pour cela !

 

Extrait des recommandations de la commission d’audition ([1] p. 43) :

- La vaccination par le BCG est systématiquement proposée pour tous les enfants au cours du 1er mois de vie.

- Elle est effectuée après une évaluation du niveau de risque individuel. Afin d’être systématique cette évaluation sera effectuée, dès le suivi de la grossesse, à la naissance et lors de la visite du premier mois du nourrisson, cela afin de réduire en priorité le risque de formes graves de tuberculose chez l’enfant. L’évaluation permet d’informer les parents sur la tuberculose, les risques de contamination et les avantages et les inconvénients du vaccin. Elle se fait donc au cours d’un dialogue avec les parents permettant d’aboutir à un consentement éclairé.

En fonction du niveau de risque évalué, deux types de recommandation sont alors proposés :

- Une forte recommandation de vaccination par le BCG : vaccination dès le 1er mois de vie devant au moins un risque élevé chez un enfant.

 

Ces recommandations dont l’application serait inutilement coûteuses n’ont pas été retenues par le CTV et le CSHPF dans leur avis du 9 mars 2007 [2].

 

[1] http://www.sfsp.info/sfsp/infos/documents/RapportBCGVF.pdf 

[2] http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/cshpf/cs231.htm

       

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