Dernière minute (13 avril 2010) : Un avis du HCSP daté du 5 mars 2010 recommande la levée de l'obligation du BCG pour les personnels pour lesquels elle est encore obligatoire. Voir l'article sur ce blog.


Je suis intervenu sur un forum de Libération à propos de cette affaire de tuberculose dans un établissement scolaire  et de son attribution à la levée de l'obligation du BCG.


Alors que la presse se fait l'écho de 3 cas de tuberculose dans un collège de Seine-Saint-Denis, dont 2 enseignants, un conseiller général, réclame le retour à la vaccination obligatoire et a d’ailleurs été reçu il y a quelques mois au ministère de la Santé sur le sujet !!!


N'oublions pas que ce sont 2 enseignants qui ont été atteints et que l'affaire se passe dans un collège ou la plupart des élèves avaient été vaccinés avant la levée de l'obligation en juillet 2007. Aussi, cette levée ne concerne pratiquement que les enfants nés depuis 2006 et qui n'ont donc pas plus de 5 ans.

 

Rappelons qu'il est établi depuis longtemps que le BCG ne protège pas les adultes de la tuberculose et que l'OMS ne le recommande plus pour eux depuis au moins 1995.

 

Rappelons encore que les enfants ne transmettent pas la maladie, que ce sont les adultes qui les contaminent et que le BCG n'a aucune action sur la transmission.

 

En mettant au mieux, on lui reconnait une action sur certaines complications de la maladie tuberculeuse chez l'enfant (méningite tuberculeuse). Mais elles sont rares et cet avantage peut être compensé par les complications parfois très grave de cette vaccination comme les bécégites disséminées.

Tout cela a été longuement exposé au cours des débats qui ont précédé la levée de l'obligation. Beaucoup de nos voisin ne l'utilisent plus depuis longtemps (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Luxembourg, Espagne (sauf une région)), d'autres en limitent l'usage à un petit nombre d'enfants (Suède, Suisse, Pays-Bas...), que les USA ne l'ont jamais utilisé sauf expérimentalement.

 

Il est maintenant reconnu que la lutte contre la tuberculose passe par d'autres moyens que cette vaccination, le budget consacré à celle-ci devant être mobilisé pour des moyens de lutte plus adaptés.


Malgré tout cela, que certains profitent de chaque cas de tuberculose annoncé dans la presse pour en attribuer la cause à la levée de l'obligation par le décret du 19 juillet 2007, il ne faut pas trop s'en étonner vu le climat qui a régné autour de cette affaire pendant près de 2 ans.


En particulier, au cours de l'audition publique sur la levée de cette obligation, les 13 et 14 novembre 2006, l'un des plus déterminés à maintenir l'obligation du BCG fut à n'en pas douter Michel Rosenheim professeur à l'hôpital de la Pitié-Salpétrière à Paris. Il est devenu depuis conseiller technique au pôle politique du ministère de la santé. Je l'avais rencontré dans son bureau du ministère le 7 septembre 2009 à propos de la vaccination hépatite B. Nul doute que le conseiller général aura reçu une écoute très favorable de sa part lors de sa visite au ministère...


Fort heureusement, des voix se sont élevées pour rappeler certaines réalités de la tuberculose et qui font du BCG un outil obsolète :


Un épidémiologiste de l'InVS selon MaxiSciences :

« Depuis 2007, le vaccin contre la tuberculose n’est plus obligatoire dans l'Hexagone. Mais cette réforme ne serait pas à l’origine du problème : 65% des enfants nés en Seine-Saint-Denis seraient en effet vaccinés contre la maladie d’après Claude Bartolone, président du Conseil général. Didier Che, épidémiologiste à l’Institut de veille sanitaire confie également à l’AFP qu’étant donné l’âge du professeur, lui aussi aurait été vacciné. »


Un pédiatre infectiologue très connu (dans Informations Hospitalières ):

 

« Le Dr Robert Cohen, infectiologue à l'hôpital intercommunal de Créteil (Val-de-Marne) et représentant du Conseil national de pédiatrie explique que « ce cas réunit tout ce que l'on sait sur la tuberculose. Ce sont les adultes qui la transmettent aux enfants. [...] Cela confirme que la vaccination obligatoire ne sert à rien et que l'on a bien fait de la lever. Le vaccin n'empêche pas les épidémies.
Si la tuberculose a chuté depuis les années 1950, ce n'est pas grâce au vaccin mais à l'amélioration des conditions de vie et des traitements ».


Rappelons que le Dr Robert Cohen anime InfoVac (et donc qu'il n'est pas du tout antivaccinaliste, pas du tout du tout même !!!) Il est possible de consulter  le diaporama qu'il avait présenté à l'audition BCG ainsi que son exposé complet dans l'ouvrage des actes. Tous les liens vers les documents relatifs à cette audition sur cette page du site de la SFSP (Société française de santé publique, organisatrice de l'audition).

Ce même jour, 19 février 2010, est publié le rapport final sur la pratique du BCG après la levée de l'obligation :

 

« Vaccination par le BCG chez les enfants nés après la suspension de l’obligation vaccinale et suivis dans les PMI de France

Couverture vaccinale, pratiques vaccinales et connaissances de la politique vaccinale par les médecins vaccinateurs »