Dernière minute (13 avril 2010) : Un avis du HCSP daté du 5 mars 2010 recommande la levée de l'obligation du BCG pour les personnels pour lesquels elle est encore obligatoire. Voir l'article sur ce blog.

 

Sur le site du ministère les nouvelles recommandations sur le BCG, en vigueur depuis juillet 2007 ont fait l'objet en 2008 d'une remise en forme qui peut être utile à ceux qui sont confrontés à cette vaccination. Fondamentalement il n'y a rien de nouveau si ce n'est cet encart qui laisse planer l'espoir que l'obligation encore maintenue pour les professionnels de santé soit prochainement supprimée :

 

 

Dans l’attente d’un avis complémentaire des experts, les professionnels et étudiants des professions de santé à caractère sanitaire visés aux articles L3112-1, R3112-1C et R 3112-2 du code de la santé publique demeurent soumis à l’obligation vaccinale par le BCG. 

 

Si l'obligation de la vaccination BCG a été suspendue pour les enfants, son maintien pour les professionnels de santé est incompréhensible, archaïque et anachronique  pour plusieurs raisons :

 

1- Il est reconnu et cela a été maintes fois répété au cours des épisodes qui ont conduit à la suspension de l'obligation et de la pratique généralisée du BCG sur les enfants, que le BCG  n'était pratiquement efficace que sur les enfants, et encore, de façon très limitée, son action se limitant à réduire certaines complications de la maladie tuberculeuse chez l'enfant, un peu comme l'antibiotique qui évite certaines complications de la grippe mais pas la grippe. Cet aspect est plus ou moins clairement exprimé par le document du ministère :

 

« La protection conférée par le BCG est une prévention primaire qui vise à infecter le sujet avec un vaccin vivant atténué avant le premier contact infectant avec Mycobacterium tuberculosis. Cette vaccination a pour but principal de protéger les jeunes enfants des formes graves de la tuberculose précoce, méningites tuberculeuses et miliaires en particulier et et entre 50 et 75 % pour la tuberculose de l’adulte :  il ne permet donc pas d’empêcher la transmission de la maladie et d’enrayer l’épidémie mondiale ».

 

Mais il y a aussi cette affirmation : le BCG protège « entre 50 et 75% pour la tuberculose de l'adulte » et là c'est un peu cavalier car en contradiction totale avec ce qui est aujourd'hui reconnu. Qu'on en juge : le 22 février 2007, le Dr Léopold Blanc, Coordinateur de la lutte contre la tuberculose à l'Organisation mondiale de la santé, était l’invité du député Jean-Pierre Door et de la sénatrice Marie-Christine Blandin qui avaient organisé une audition sur le sujet au Sénat.

Il déclarera :

« pour l'OMS, le BCG est efficace uniquement pour les formes graves de l'enfant »

appuyant en la renforçant ainsi très clairement l'affirmation de l’OMS dans sa publication (REH) du 13 avril 2007 page 130 :

« Le vaccin Calmette-Guérin actuellement utilisé date de plus de 85 ans et n’assure une protection acceptable que contre les formes disséminées de la maladie chez le nourrisson et une protection minime, dans le meilleur des cas, après l’enfance. »

Mais nous sommes en France...

 

Notons aussi qu'il est fort justement écrit que la vaccination consiste à infecter le sujet par le bacille contenu dans le vaccin, étrange baptême pour un nouveau né...Il y a de meilleures façons pour commencer son existence. Il serait en particulier beaucoup plus judicieux, utile et efficace, dans les familles à haut risque,  de les visiter et de les surveiller pour  y dépister d'éventuels tuberculeux et de les soigner avant l'arrivée du nouveau né.


2- Comme la vaccination BCG est limitée depuis juillet 2004 à au plus une seule vaccination par individu et que la plupart des adolescents et jeunes adultes en France ont déjà reçu au moins une fois le BCG, l'obligation faite par exemple aux étudiants en médecine est purement formelle : pour la plupart d'entre-eux il leur suffira de présenter le certificat de vaccination faite quand ils avaient l'âge de 6 mois ou de présenter une cicatrice. On peut vraiment se demander si cette vaccination va réellement les protéger contre une infection contractée lors d'un contact avec un malade.

 

3- Cette mesure est très discriminatoire vis à vis, par exemple, d'une infirmière belge venant travailler en France et qui, ne pouvant présenter ni cicatrice ni certificat, ce vaccin étant ignoré en Belgique, devra se faire vacciner alors que ses collègues françaises en seront dispensées sans être pour autant protégées par leur ancienne vaccination.

 

Espérons que le Haut conseil de santé publique,  le Comité technique des vaccinations et l'Académie de médecine se concertent rapidement à ce sujet pour ne pas se couvrir plus longtemps de ridicule et ne pas laisser le ministère trop longtemps dans l'attente...

 

 

Voici les différents thèmes abordés dans ce document et qui concernent la vaccination des enfants :

 

1 Les nouvelles recommandations vaccinales

2 Contre indications à la vaccination par le BCG-SSI

3 Technique d’injection

4 Effets secondaires du BCG-SSI

5 Documents d’information sur la vaccination par le BCG-SSI

L’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a élaboré différents documents d’information sur la vaccination par le BCG-SSI :

  • Une fiche « Mon enfant a été vacciné par le BCG » ainsi qu’une affichette « les sept règles d’or » qui rappellent, auprès du grand public, les règles simples d’hygiène à respecter après une vaccination par le BCG,

  • Une mise au point sur la prise en charge des abcès locaux et des adénopathies consécutifs à la vaccination BCG, à l’attention des professionnels de santé.

Ces documents sont disponibles sur le site de l’Afssaps