Voilà une question très fréquemment posée, pourquoi fait-on un test tuberculinique avant de faire un BCG et pourquoi on ne fait pas cette vaccination en cas de positivité ? La réponse est simple : faire un BCG à une personne porteuse de lésions tuberculeuses lui fait courir le risque que ces lésions flambent ou se réveillent. Cela avait été établi depuis fort longtemps et la littérature ancienne fourmille de textes à ce sujet. En voici quelques exemples :

Calmette lui-même écrivait :

« La vaccination n’est pas utilisable sur les sujets, enfants ou adultes qui réagissent à la tuberculine. » {[1] p. 25}

En application de ce principe l’article 9 du décret du 9 juillet  1951 prévoyait des mesures draconiennes d’isolement :

« Les sujets soumis à la vaccination obligatoire et qui vivent dans un milieu comportant un risque de contamination, devront, avant la vaccination, être mis à l’abri de la contamination pendant une durée de 2 mois. » {[2] p.466}

Le Professeur D.Boidé, qui était à l’époque le directeur de l’Hygiène Publique et des hôpitaux, commentait ainsi ce texte :

« Ces prescriptions, qui se conçoivent très bien d’un point de vue médical, ont néanmoins heurté un certain nombre de nos compatriotes ; si bien que dans l’état actuel des choses, cette recommandation doit être modifiée. » {[2] p 466}

Ce texte fut en effet abrogé. Mais son existence, même éphémère, témoigne de la crainte de vacciner un individu infecté.

Dans « La faillite du BCG », page 104, Marcel Ferru qui fut professeur de médecine à Poitiers, cite Guérin, Weill-Hallé le compagnon de route de Calmette et Guérin dans l’application à l’homme de la vaccination BCG. Ils écrivirent dans « La semaine des Hôpitaux de Paris » et dirent devant l’Académie de Médecine :

« La prémunition, pour être efficace, demande une protection suffisante du sujet contre le bacille tuberculeux pendant le moment où l’on applique le BCG et pendant le temps suffisant pour obtenir la prémunition. Cette notion de l’isolement des sujets qu’on veut prémunir par le BCG est trop souvent oubliée ou mise en pratique dans des conditions défectueuses. »

Les auteurs insistent sur l’importance des mesures à prendre et sur leur « absolue nécessité chez les enfants et les adolescents ».

Références :

[1]  R. Mande - Manuel pratique de vaccination par le BCG -  Centre international de l’Enfance - travaux et documents VI - 1954

[2]  Vaccinations contre les maladies contagieuses de l’enfance – Centre international de l’enfance – travaux et documents IV- 1951

La faillite du BCG – ouvrage disponible au service librairie http://www.infovaccin.fr