Pierre Bégué professeur et membre de l’Académie de médecine l’a expliqué au cours de son audition au Sénat le 22.02/07 [1] :

« J’étais externe en 1959, au moment de l’expérimentation du Monovax, la bague tuberculinique. Malgré notre entraînement à faire des piqûres, il était difficile de vacciner un nourrisson : le Monovax, malgré ses imperfections et sa qualité inférieure à celle de l’intradermique, a permis d’appliquer la loi aux nourrissons. Il n’est donc pas venu pour rien ; il n’est pas une fantaisie de l’industrie.

Inversement, malgré une AMM renouvelée régulièrement depuis les années 1970, les dossiers européens de Monovax se sont révélés insuffisants, et le laboratoire a reculé devant le prix effarant pour les refaire. Le Monovax a donc été arrêté.

Si nous avons pu maintenir, en France, la vaccination obligatoire, c’est parce que nous, nous avions la bague. Les pédiatres ont donc dû faire face, à des réclamations justifiées. En effet, si la vaccination est pratiquée avec des incidents secondaires dont les parents aujourd’hui font le reproche, et si la protection vaccinale n’est pas assurée, où est l’obligation, où est la loi, où est le sérieux ? C’est ce qu’ont voulu dire les pédiatres que je défends ici, l’étant moi-même. Aujourd’hui, l’Académie de médecine a pris cette option* en connaissance de cause, en insistant cependant sur la lutte antituberculeuse. »

Et plus loin : « le Monovax a été arrêté un peu tôt en pensant que nous allions prendre nos décisions très rapidement : cette anticipation nous laisse un peu embarrassés. Nous devons maintenant avancer, l'épée dans les reins».

L'épée dans les reins, voilà qui en dit long sur son avis autorisé sur le SSI. Mais les nourrissons eux doivent avancer l'aiguille dans le bras et le vaccin dedans...

A l’audition BCG, le 13 novembre 2006, le représentant de Sanofi Pasteur a expliqué que pour maintenir le monovax utilisé uniquement par la France il aurait fallu construire une autre usine. Ce n’était pas envisageable. D’autant plus, a-t-il exposé, que les discussions sur la suppression de l’obligation du BCG et de sa pratique généralisée étaient suffisamment avancées pour penser qu’elles allaient être bientôt prises. Rien ne permet donc de penser que le laboratoire souhaitait que le BCG SSI soit appliqué à toute la population française.

Notons que le BCG ne s’est généralisé en France qu’au milieu des années 60 et qu’en 1972 le taux global de tuberculose était de 60 pour 100 000 contre 8,9 en 2005. Malgré ce risque beaucoup plus grand pour les enfants la loi n’a pas été appliquée avant de disposer du monovax et certains voudraient aujourd’hui nous faire croire qu’il y aurait encore trop de tuberculoses pour supprimer la vaccination généralisée jugée irréaliste il y a plus de 40 en raison d’un vaccin aux effets secondaires trop fréquents et trop graves ! Je peux témoigner, pour avoir fait mes études de collégiens dans les années 50 que si on nous faisait une cuti annuelle pour contrôler l’infection tuberculeuse, aucun élève n’avait reçu le BCG et nous étions tous négatifs. Le seul élève avec BCG que j’ai connu venait de Lille, la ville où Calmette avait crée le BCG à l’Institut Pasteur de cette ville qui était ville pilote pour le BCG ainsi que Poitiers, la ville natale de Guérin.

A l’audition BCG, le 14 novembre 2006, un médecin libéral, intervenant invité, a dit qu’en 20 ans d’exercice dans une ville moyenne de province il n’avait jamais vu un seul cas de tuberculose et que tous les médecins, pédiatres et PMI de sa ville refusaient de le faire. S’il vaccinait il serait obligé de prescrire de la rifampicine et de l’isoniazide, 2 antituberculeux notoires aux effets secondaires non négligeables, à certains de ses jeunes patients alors qu’il n’a jamais eu à le faire sur un seul de ses patients en 20 ans d’exercice et avec des taux de tuberculose nettement plus élevés qu’aujourd’hui…

*L’option prise à l’unanimité par l’Académie de médecine et exprimé dans son communiqué du 13 décembre 2005 était de demander la levée de l’obligation du BCG pour janvier 2006 : “Le BCG : difficultés de la vaccination dans un avenir proche [2]

        [1] http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-off/i3791.asp