Le BCG à la naissance ou dans le premier mois de vie est maintenant systématiquement recommandé pour les enfants considérés comme étant à risque de tuberculose. Cette recommandation vient de la circulaire de la DGS (Direction générale de la santé) du 5 octobre 2005 s’appuyant sur l’avis du CTV et du CSHPF (Comité technique des vaccinations ; Conseil supérieur d’hygiène publique de France) du 30 septembre 2005 [2]. La même circulaire et le même avis recommandaient que la vaccination des enfants à faible risque soit repoussée au delà de l’âge de 6 mois, sauf mode de garde, la vaccination restant exigée en crèche, garderie ou même chez une nounou agrée pouvant garder plusieurs enfants. Ce distinguo a introduit de fait une vaccination ciblée  mise en œuvre depuis bientôt 2 ans.

 

Mais pourquoi avoir recommandé de repousser la vaccination des enfants à faible risque au delà de 6 mois ? Pour se donner le temps de découvrir d’éventuels déficits immunitaires contre-indiquant formellement la vaccination sous peine de BCGite disséminée pratiquement mortelle. Pour aussi se donner le temps de voir apparaître une dermatose type eczéma qui pourrait contre-indiquer la vaccination, évitant le risque grave d’une contamination de l’eczéma par les bacilles vivants du vaccin. J’ai vu des enfants n’ayant reçu aucun vaccin faire d’importantes poussées d’eczéma à l’âge de 5 mois. Il est donc tout à fait possible de vacciner à l’âge de 4 mois un enfant ne présentant aucun signe d’eczéma puis de le voir faire une première poussée d’eczéma un mois plus tard alors que l’abcès provoqué par le BCG SSI sera en train de se développer. Le vaccin ne serait pas forcément la cause de l’eczéma comme on pourrait être tenté de le penser mais la présence simultanée de l’eczéma et de l’abcès vaccinal sera très préoccupante. Qui peut prétendre maîtriser ou prévoir l’endroit où l’eczéma pourrait sortir chez un enfant qui n’en a jamais fait ? Et même s’il en a déjà fait ? L’abcès vaccinal peut persister pendant des mois, certains enfants en ont depuis un an et rien n’indique quand il pourrait disparaître.

 

Autrement dit les enfants dits à risque de tuberculose qui auraient de telles dispositions non encore visibles au moment de la vaccination sont délibérément sacrifiés sur l’autel de la vaccination au nom de la protection contre la méningite tuberculeuse. De même pour les enfants à faible risque mais dont la maman est obligée de travailler. Ces situations n’ont dérangé aucune conscience alors qu’à l’audition publique sur le BCG le ciblage à été dénoncé comme discriminatoire avec une incroyable force, dans le seul but d’ailleurs de justifier le maintien du BCG généralisé et obligatoire. Mais cette situation est de toute évidence très discriminatoire vis à vis de ceux qui, n’ayant pas les moyens d’une nounou à domicile, devront accepter de perdre leur enfant ou de le voir meurtris à vie, tant qu’il vivra, s’il souffre d’une contre-indication non encore apparue pour empêcher la vaccination. De même bien sûr pour les enfants originaires d’Afrique ou d’Asie.

 

Ce problème est d’ailleurs si important qu’il a conduit 2 pays particulièrement sérieux, la Suède et le Canada, à modifier leur politique vaccinale à la naissance et pratiquée d’abord dans le but d’éviter la méningite tuberculeuse chez l’enfant précocement contaminé (voir article à venir sur la BCGite disséminé).

 

Un exemple possible : 

Sur le blog bébé bérangère à posté le 29 mai 2007 2 messages qui pourraient illustrer ce propos : son enfant a reçu le BCG SSI en octobre 2006 alors qu’il était à peine âgé de 2 mois. Un mois plus tard de gros ennuis pulmonaires ont débuté. Ce fut le début d’un terrible cauchemar puisque l’enfant reçoit maintenant des soins tous les jours (kiné 2 fois par jour, respiration artificielle 3 fois par jour…). Un test de mucoviscidose a été fait. Négatif. Les médecins s’interrogent et la maman encore plus, qui est aux 35 heures pour s’occuper de son enfant, mais par jour !

Faut-il accuser le vaccin ? Les médecins diraient sans doute que de nombreux enfants ont été vaccinés sans observer de telle manifestations. Oui, mais si après avoir tué un cardiaque d’un coup de poing on dit “ce n’est pas ma faute, il était cardiaque, le même coup de poing sur mon voisin l’a fait rigoler et nous sommes les meilleurs amis du monde”, je ne sais pas comment jugera le tribunal.

On peut admettre que cet enfant avait un problème particulier non encore apparu au moment de la vaccination. On peut aussi être convaincu qu’une fois présent le problème aurait certainement très formellement contre-indiqué la vaccination qui a fort bien pu servir aussi de révélateur et d’accélérateur d’un problème dont elle aggraverait les manifestations (ce sont des hypothèses). D’ailleurs l’enfant est maintenant reconnu allergique aux protéines bovines et le BCG a été cultivé et entretenu sur bile de boeuf.

Quoiqu’il en soit de ce problème particulier sur lequel on ne peut évidemment se prononcer, et même si la vaccination n’y était pour rien, il permet de réaliser comment la vaccination prématurée d’un enfant pourrait déclencher des troubles très graves et précipiter toute une famille dans le drame en perturbant profondément la vie de plusieurs personnes. Voir aussi à ce sujet les témoignages de Lisa (10 avril 2007…) sur le même blog. Deux témoignages d’enfants vaccinés SSI et qui présentent des symptômes apparent d’une mucoviscidose non confirmée par les tests. Par contre les troubles persistent. Troublant !

 

La suppression de la vaccination généralisée supprimerait ces problèmes pour l’ensemble de la population mais le maintien d’une vaccination ciblée mais non obligatoire les maintiendrait pour les familles et communautés concernées. Il existe pourtant un moyen simple de réduire les risques d’une contamination précoce, l’enquête autour d’un futur bébé à risque que j’avais proposé pratiquement en ces termes depuis la salle à l’audition BCG le matin du 14 novembre : dès qu’une future maman à risque serait connue, rechercher la tuberculose dans la famille et entourage du futur bébé. Trois avantages : mettre l’enfant à l’abri des contaminations dans les premiers mois de la vie, ce qui est quand même préférable, même avec le BCG; repousser le BCG au delà de 6 mois pour réduire les risques de BCGites disséminées ; lutte efficace contre la tuberculose chez l’adulte. Un médecin intervenant l’après-midi le proposera aussi en soulignant le caractère sympathique qui devrait assurer un taux élevé d’acceptation. Plus efficace et utile que la recommandation de la commission d’audition qui aurait voulu que l’on gaspille le temps des médecins pour qu’ils parlent de la tuberculose à des familles à très faible risque et qui réclamait des moyens financiers pour cela !

 

Extrait des recommandations de la commission d’audition ([1] p. 43) :

- La vaccination par le BCG est systématiquement proposée pour tous les enfants au cours du 1er mois de vie.

- Elle est effectuée après une évaluation du niveau de risque individuel. Afin d’être systématique cette évaluation sera effectuée, dès le suivi de la grossesse, à la naissance et lors de la visite du premier mois du nourrisson, cela afin de réduire en priorité le risque de formes graves de tuberculose chez l’enfant. L’évaluation permet d’informer les parents sur la tuberculose, les risques de contamination et les avantages et les inconvénients du vaccin. Elle se fait donc au cours d’un dialogue avec les parents permettant d’aboutir à un consentement éclairé.

En fonction du niveau de risque évalué, deux types de recommandation sont alors proposés :

- Une forte recommandation de vaccination par le BCG : vaccination dès le 1er mois de vie devant au moins un risque élevé chez un enfant.

 

Ces recommandations dont l’application serait inutilement coûteuses n’ont pas été retenues par le CTV et le CSHPF dans leur avis du 9 mars 2007 [2].

 

[1] http://www.sfsp.info/sfsp/infos/documents/RapportBCGVF.pdf 

[2] http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/cshpf/cs231.htm